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Comment mettre fin aux camps de «rééducation» en Chine?

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Comment mettre fin aux camps de «rééducation» en Chine?

Il y a cinq ans, l’idée qu’un génocide en Chine a commencé lorsqu’un satellite a découvert le site d’une prison au milieu du désert. Aujourd’hui, nous savons que des millions d’Ouïghours (une minorité majoritairement sunnite et turcophone qui vit principalement dans la province chinoise du Xinjiang) sont contraints de rejoindre, sans procès, ce que la Chine appelle ses camps de « rééducation». Cependant, malgré cette appellation, il semblerait que ce soit plutôt des camps de concentration créés afin de détruire l’identité ouïghoure. En effet, un camp de concentration est, par définition, un lieu où les minorités persécutées et/ou les prisonniers politiques sont emprisonnés, on y retrouve des conditions de vie inadéquates, du travail forcé et/ou des exécutions de masse. Les témoignages et preuves concrètes démontrent des conditions de vie terribles dans ces camps de “rééducation» chinois; entre le travail forcé, les abus violents, la stérilisation forcée des femmes, les avortements forcés, l’interdiction de pratiquer l’islam et le fait d’être dans l’obligation de rompre tout contact familial, ces soi-disant camps de “rééducation» sont des camps de concentration. Mais que pouvons-nous faire pour aider les Ouïghours? Voici des actions concrètes que nous pouvons prendre pour mettre fin aux camps de concentration musulmans en Chine.

La situation politique
La Chine fait face à des critiques internationales concernant son traitement des Ouïghours. Interrogé sur ce sujet la semaine dernière, le président chinois Xi Jinping a déclaré que les politiques mises en place à Xinjian sont totalement correctes et que la Chine déploie davantage d’efforts pour assimiler la population ouïghoure, les groupes ethniques et les autres minorités musulmanes. Il rejette complètement les allégations d’abus envers ces minorités.

Que la Chine l’admette ou non, son traitement des Ouïghours répond à la définition du génocide. Selon la convention de l’ONU sur le génocide, un génocide se produit si des meurtres, des lésions corporelles et mentales, une destruction physique, l’imposition de mesures visant à empêcher les naissances ou un transfert forcé d’enfants ont lieu, dans l’intention de détruire une communauté dans son ensemble, ou en partie. Le chercheur Adrian Zenz fait d’ailleurs référence à la situation des Ouïghours comme étant la plus grande incarcération d’une minorité ethnoreligieuse depuis l’Holocauste.

Avec toutes ces preuves, on pourrait se demander pourquoi l’ONU n’agit toujours pas de manière proactive pour résoudre ce problème, mais intervenir n’est pas aussi simple que l’on pense. En effet, la Chine détient beaucoup de pouvoir économique et est également l’un des cinq membres permanents de l’ONU, ce qui signifie qu’elle possède un droit de véto qui rend l’ONU pratiquement impuissante en ce qui la concerne.

Quelles sont les solutions?
Participer à des pétitions, des manifestations, diffuser des informations et participer aux mouvements sur les médias sociaux sont essentiels, mais que pouvons-nous faire de plus? La principale solution serait d’avoir un impact économique sur la Chine, au point qu’elle se voit dans l’obligation de fermer ses camps de « rééducation ». Une façon pour y parvenir serait que chacun d’entre nous cesse de soutenir le travail forcé des Ouïghours. Une grande majorité (85%) de la production du coton de la Chine, ce qui correspond à un cinquième du coton importé dans le monde, est fabriquée par les Ouïghours. De nombreuses entreprises utilisent ce coton afin de fabriquer leurs produits, comme Adidas et Calvin Klein. Boycotter les entreprises qui utilisent le travail forcé ouïghour est un moyen de faire notre part, et nous remarquons que cette tactique fonctionne. H&M était l’une des nombreuses entreprises qui auraient utilisé du coton en provenance des camps de « rééducation » en Chine, mais le 16 septembre, à la suite de critiques concernant sa complicité dans le travail forcé ouïghour, l’entreprise a mis fin à ses relations avec les fournisseurs chinois.

Une autre solution serait que les pays interdisent tous les produits fabriqués par le travail forcé ouïghour. Les pays pourraient créer un acte similaire à la loi sur la prévention du travail forcé ouïghour, adoptée par la Chambre des représentants des États-Unis il y a deux semaines, qui vise à mettre fin à l’utilisation du travail forcé ouïghour par les marques américaines.

La communauté internationale a traîné les pieds à maintes reprises en ce qui concerne ce type d’intervention. L’histoire a montré que les interventions sont arrivées trop tard dans de nombreuses situations similaires, notamment l’Holocauste et le génocide rwandais. Le Canada et d’autres pays devraient reconnaître qu’il s’agit d’un génocide et soutenir les efforts internationaux visant à tenir la Chine responsable de ses actions actuelles et à interdire les produits fabriqués avec le travail forcé ouïghour.

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