Photo par Rom Matibag sur Unsplash

C’est avant-hier que Joe Biden, officiellement le 46e président des États-Unis, s’est présenté devant le peuple américain afin de prononcer son discours d’inauguration. Biden et Kamala Harris, la première femme et la première personne d’origine afro-américaine et indienne à être Vice-Présidente des États-Unis, ont donc débuté leur mandat. L’assermentation de Kamala Harris a réjoui plusieurs femmes à travers le monde, mais pourquoi le fait qu’une femme issue de la diversité soit Vice-Présidente constitue une victoire pour la femme ?

Historiquement, les femmes se trouvaient exclues de la politique nord-américaine, jusqu’au mouvement des suffragettes au début du 20e siècle, qui réclamait le droit de vote. Ainsi, c’est sans surprise que même à ce jour, le gouvernement américain est constitué majoritairement d'hommes. À l’international, les femmes députées ne constituent que 25% des parlements.

La représentation des femmes et des minorités ethniques dans la sphère politique est importante non seulement par principe d’égalité, mais aussi, car le système politique des États-Unis est une démocratie représentative. Ce qui signifie que le gouvernement doit représenter, voir refléter le peuple. Pour ce faire, les électeurs élisent des députés qui devront prendre des décisions les concernant. Plus de 50% de la population américaine sont des femmes et environ 40% des Américains proviennent de la diversité ethnique, pourtant ces deux groupes sont sous-représentés dans la sphère politique. 

Selon la théorie d’intersectionnalité, un concept développé par Kimberlé Crenshaw, les diverses formes d’oppressions se chevauchent et se croisent, par exemple,  une femme afro-américaine et indienne vit du racisme, de la misogynie et du sexisme. La présence de politiciennes issues de la diversité est importante pour pouvoir résoudre non seulement des enjeux féminins, dont entre autres, l’écart de rémunération entre les sexes, la taxe rose, le sexisme dans le milieu de travail, mais aussi des enjeux spécifiques aux minorités ethniques tels que le racisme.  Kamala Harris a donc non seulement ouvert les portes pour les femmes, mais l’a également fait pour les communautés afro-américaines et sud-asiatiques.

De plus, selon certaines études, augmenter la représentation politique de la femme ne peut qu’être positif. Effectivement, les données démontrent que les femmes en politique ont tendance à prioriser l’approvisionnement de biens publics, tels que la santé, l’éducation et les services d’aide sociale. L’autonomisation des femmes est donc considérée comme un facteur important afin d’améliorer la santé de la population générale.

Cependant, d’après des chercheurs, les femmes ont moins tendance à se présenter à la course à la présidence. Une des raisons possibles est le fait que dès leur plus jeune âge, les filles ont tendance à être beaucoup moins encouragées à le faire en comparaison aux garçons. Comme Kamala Harris l’a prononcé dans son discours en novembre dernier, « Je suis peut-être la première femme au bureau présidentiel, mais je ne serais pas la dernière. Parce que chaque petite fille qui regarde ce soir peut voir qu’il s’agit d’un pays de possibilités. » Ainsi, son assermentation constitue en elle-même un encouragement pour toutes ces petites filles à devenir Vice-Présidente, voire Présidente des États-Unis.

En considérant l’importance de la représentation politique de la femme, Kamala Harris est un message d’espoir et d’inspiration pour toutes les femmes à travers le monde. Son assermentation représente une avancée pour la femme, en général.

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