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Une réconciliation avec les nations autochtones est-elle envisageable?

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Une réconciliation avec les nations autochtones est-elle envisageable?

Photo par Jaron Nix sur Unsplash

Depuis quelques semaines, les manifestations autochtones et les blocages ferroviaux se répandent à travers le Québec, la Colombie-Britannique et l’Ontario. Ces manifestations sont une réaction au projet Coastal GasLink », un gazoduc de plus de 670 km de long qui couterait plus de 6.6 billions $ et qui diviserait le territoire Wet’su’et en deux. Puisqu’il s’agit d’un territoire non cédé, signifiant qu’il n’a jamais été colonisé, le gouvernement n’a donc aucune autorité sur ce dernier. En effet, il s’agit des nations autochtones qui ont autorité sur les territoires non cédés. Donc, le fait que la Gendarmerie royale du Canada de la Colombie-Britannique (GRC) patrouille dans ce territoire en a choqué plusieurs. Avec cette crise actuelle et l’opposition du gouvernement provincial québécois face à la loi C-92 qui permet aux nations autochtones de s’autodéterminer davantage, on peut se demander si une situation de réconciliation entre le Canada autochtone et le Canada non autochtone est atteignable.

Une colonisation toujours en cours?

Les premières nations ont vécu plusieurs abus, mais la période la plus sombre de l’histoire des autochtones est l’époque des pensionnats qui a pris fin que récemment, en 1996. Durant cette période, les enfants étaient séparés de leurs familles et mis dans des pensionnats. En pension, ces enfants se voyaient forcer d’abandonner leur langue et leur culture. Le manque de surveillance et d’encadrement a permis la multiplication d’abus physiques et sexuels envers ces enfants. Bien que la croyance populaire soit que la période de colonisation des nations autochtones est terminée, mais avec la loi sur les Indiens toujours en vigueur, le système de réserves toujours en place et le fait que la GRC patrouille dans un territoire non cédé, ce n’est pas le cas.

Du chemin à faire vers la réconciliation

Bien que la situation soit restée relativement stagnante, il est possible de constater qu’au fil des dernières années, que le gouvernement fédéral porte davantage d’importance à cet enjeu et essaie d’améliorer la situation. En 2007, le gouvernement fédéral canadien a présenté ses premières excuses envers les nations autochtones pour les pensionnats. En 2015, le gouvernement fédéral a investi plus de 72 millions de dollars pour mettre en place la commission réconciliation et vérité. Cette commission avait pour objectif de trouver des solutions permettant la réconciliation entre le Canada autochtone et le Canada non autochtone.

Selon certains, il faudrait changer le système d’éducation publique qui met de l’emphase sur les distinctions entre les différentes nations autochtones et leurs histoires respectives, sans discuter des enjeux actuels. Ce serait par l’éducation et l’autodétermination que les peuples autochtones pourront se rétablir. Selon John Meehan, il faudrait briser le « mur imaginaire » présent entre les autochtones et les non-autochtones afin d’atteindre une quelconque réconciliation. Aller à la rencontre des autochtones permettrait donc de briser ce “mur imaginaire”. De plus, afin de mieux éduquer la population sur les enjeux autochtones, une couverture médiatique davantage positive pourrait être envisagée. Actuellement, les médias ont tendance à mettre de l’emphase sur les éléments négatifs de la culture autochtone plutôt que ses éléments positifs.

Certaines critiques du gouvernement Trudeau indiquent qu’une promesse de son mandat précédent était de réconcilier les premières nations et le reste du Canada, mais cependant cela n’a toujours pas été atteint et il entame actuellement son deuxième mandat. Comme Martin Papillon, professeur du département de science politique à l’Université de Montréal, l’a dit « Ce n’est pas en un mandat qu’on résoudra 100 ans de colonisation ». Ainsi,est-ce que la réconciliation est réellement possible? Faites-nous savoir ce que vous en pensez.

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